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Recueils de nouvelles

- L'Iris fou ("nouvelles traduites du japonais par I.I. Morris en collaboration avec M Rosenblum et M Beerblock", 1957, 1997). Stock. Bibliothèque cosmopolite. 151 pages.
L'histoire de "collaboration", cela veut apparement dire que la traduction française a transité par l'anglais.
1/ Ibuse Masuji (1898-1993) : L'Iris fou. 28 pages.
"L'iris fou est la première esquisse de Pluie noire. [...] Tout au long du récit, Ibusé évoque le contraste entre la grande tragédie de la guerre et les détails terre à terre [sic] de la vie courante." (page 7). Pluie Noire est le roman de Ibuse Masuji qui parle des conséquences de la Bombe.
L'iris fou commence ainsi :
"" (page 9).
On n'assiste donc pas directement au bombardement. On peut toutefois lire quelques récits indirects :
"" (page 17)
Et puis les rescapés sont atteints d'une étrange maladie :
"" (page 21).
Après Hiroshima, les bombardements, classiques ceux-là, continuaient.
"" (page 20).
Très bonne nouvelle.
2/ Nakajima Atsushi (1909-1942) : Le Maître. 15 pages.
"" (page 39).
Excellente nouvelle, ici dans la traduction disponible en ligne sur http://happy.joueb.com/news/99-nakajima-atsushi-le-maitre . On pourra en lire la critique sur la page consacrée à Nakajima Atsushi.
3/ Akutagawa Ryunosuke (1892-1927) : Le Tableau d'une Montagne à la saison d'automne. 15 pages
"
" (page 57).
Et Wang Shih-Kou raconte l'histoire étrange de ce tableau, chef-d'oeuvre parmi les chefs-d'oeuvre.
Très bonne nouvelle, qui traite en fait un peu du témoignage, de l'impression que peut produire une oeuvre, et de la mémoire (thème Akutagawaien, si l'on repense à sa nouvelle Dans le Fourré).
4/ Niwa Fumio (1904-2005) : Odieuse veillesse. 48 pages (c'est de loin la plus longue nouvelle du recueil).
"" (page 73).
"Très malade, victime lui-même de « cette odieuse vieillesse », il a cessé d'écrire depuis de nombreuses années." (page 73) Très malade, peut-être, n'empêche qu'il a vécu 101 ans !
Odieuse vieillesse, c'est l'histoire de la vieille Umé. Elle a quatre-vingt-six ans, perd la tête, elle devient méchante, elle chaparde, dit du mal des gens, a toujours faim, dit qu'on l'affame, ne se souvient plus qu'elle vient de manger... alzheimer, peut-être bien.
"" (page 80). Hop, y'en a marre, on la refile à la famille de la soeur cadette, qui habite à la campagne.
"" (pages 110-111)
Une excellente nouvelle, très sombre.
5/ Shiga Naoya (1883-1971) : L'artiste. 9 pages.
"" (page 123). Bonne petite nouvelle sur un jeune garçon qui collectionne les coloquintes.
"" (page 126).
6/ Shiga Naoya (1883-1971) : Le crime de Han. 17 pages.
Cette nouvelle commence ainsi : "" (page 135).
Le juge d'instruction enquête, on lira l'interrogatoire du directeur du théâtre et de Han.
Très bien.
Même si la traduction fait quand même parfois un peu vieillot, il s'agit d'un recueil de nouvelles vraiment excellent.
Malheureusement, ce recueil était "offert gracieusement" pour le Salon du Livre 1997 (consacré au Japon), et il n'est plus disponible, à part dans les bibliothèques...
- Neuf nouvelles japonaises (traduites par Serge Elisséev et "édité pour la première fois en 1924 par G. Van OEst, Editeur"). Réédité en 1984 par Le Calligraphe. 256 pages.
Ce qui est très sympathique, et assez émouvant, c'est que Serge Elisséev parle au présent des grands auteurs présentés, car ils étaient vivants lors de l'élaboration de ce recueil, certains même n'avaient pas encore donné la pleine mesure de leur talent, d'autres n'avaient plus longtemps à vivre (Akutagawa).
1/ Shiga Naoya (1883-1971) : Le Crime du jongleur (septembre 1913). 19 pages. Il s'agit d'une nouvelle également connue sous le nom Le crime de Han (voir la 5ème nouvelle du recueil L'Iris Fou, on pourra d'ailleurs comparer la traduction du petit extrait). "" (page 7).
Le juge d'instruction enquête, on lira l'interrogatoire du directeur du théâtre et de Han.
Très bien.
2/ Tanizaki Junichirô (1886-1965) : Le Tatouage (1910). 15 pages. "" (Jean-Jacques Tschudin, La Pléiade, page 1595). Tanizaki s'oppose au naturalisme, "" (page 1597).
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Traduction de Serge Elisséev, 1924 |
Traduction de Marc Mécréant, 1966. Lé Pléiade, 1997. |
"" (pages 32-33).
"" (page 34). |
"" (page 4)
"" (page 5). |
Bien sûr, il va finir par trouver la jeune fille qui convient...
Excellente nouvelle, un classique.
3/ Nagai Kafû (1879-1959) : Le Renard. 26 pages. Le narrateur se souvient du "vieux, très vieux jardin de la maison paternelle où je suis né, dans la rue Kanatomi du quartier Koishikawa. C'était il y a déjà trente ans." (page 52). Il y a un vaste jardin, et un jardinier, Yasukichi, qui s'en occupe.
"" (page 53). Il se passe des événements dans le vaste monde japonais. "" (page 56).
Et un renard est aperçu dans le jardin...
Pourquoi les hommes en veulent-ils au renard ? C'est une assez jolie nouvelle sur l'enfance, ses peurs, et l'évaluation des notions du bien et du mal.
4/ Akutagawa Ryûnosuke (1892-1927) : Les Poupées. 23 pages. On trouve également cette nouvelle dans le recueil La Magicienne.
En préambule, nous pouvons lire un poème de Buson :
""
" " (page 78)
(Texte d'Elisabeth Suetsugu : "Boîte entrouverte / Deux visages délicats / Inoubliable apparition").
Puis la nouvelle débute par "". (page 79 ; à comparer avec la traduction du recueil La Magicienne, le texte établi par Elisabeth Suetsugu disant : "Voici l'histoire qu'une vieille femme m'a contée"... ce qui introduit tout de suite un personnage qui rapporte l'histoire).
La nouvelle est assez classique : "." (page 79). Une famille doit se séparer de ses très belles poupées ("En japonais hina désign les poupées qu'on met sur des étagères le jour de la fête des poupées, le 3 mars. Les poupées avec lesquelles jouent les fillettes s'apppellent ningyô)", nous explique une note) : Impératrice, Empereur, dames de palais, musiciens... La différence de comportement des membres de la famille : attachement aux valeurs ancestrales, ou au contraire adoption immédiate des nouveautés (éclairage) est très évident. Pas mal.
5/ Okada Yachio : Les Trois jours. 18 pages.
" [...] »" (page 105). (eh oui, Mme Kanako pense en usant de l'imparfait du subjonctif, la vraie classe).
"" (page 106).
Mme Kanako n'ose pas demander à son mari ce qui se passe. Yumiko, sa soeur, qui n'est pas mariée, ne comprend pas.
"- [...] ." (page 115).
Bonne nouvelle, notamment la fin.
6/ Kubota Mantarô (1889-1963) : L'Eté qui commence. 15 pages.
Une femme, Mlle Osaki, va se marier. Le mari sait-elle qu'elle avait entretenu une liaison avec un acteur ?
Ils se marient, mais le passé de chacun d'eux va resurgir.
Petite nouvelle pas désagréable.
7/ Hasegawa Nyozekan (1875-1969) : Le Cornac. 49 pages.
"." (page 145).
" " (page 147). Ces éléphants, ce sont bien sûr des jouets. Le marchand est un veuf qui a une fille de dix-sept, dix-huit ans, qui travaille à l'usine. Il aime boire du saké, ressasser de vieilles histoires... De nombreuses années auparavant, il a été le cornac d'un éléphant. Et il va recevoir une nouvelle proposition...
Bonne nouvelle, avec un "héros" pas très sympathique.
8/ Kukichi Kan (1888-1948) : Le double suicide de Shimabara. 30 pages.
Un écrivain veut écrire un roman feuilleton sur les double-suicides. Il se rend chez un ami à lui, qui lui raconte une affaire sur laquelle il avait travaillé du temps où il était procureur.
Bonne nouvelle, dans laquelle on voit l'humanité et la compassion finir par transparaître dans l'application froide de la justice.
9/ Satomi Ton (1888-1983) : Le bruit des vagues de la rivière. 26 pages.
"." (page 231). Lui, c'est M.Seta. Il se réveille dans un hôtel. A côté de lui, une Mlle Katsuyo dort toujours.
"" (page 233).
Il repense à sa femme. "" (pages 233-234).
Seta est un type pas bien gai, sans illusions, qui préfère faire boire les autres plutôt que de boire lui-même, et la nouvelle conte son histoire, pas bien gaie et sans illusions. Pas mal du tout.
Globalement, un très bon recueil de nouvelles, qui illustrent la diversité de la littérature des années 20, contemporaine du traducteur-présentateur, Serge Elisséev.

- Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines, Tome 1 - Jeunesse (Sengo tanpen shôsetsu saihakken 1 : Seishun no hikari to kage. 2001). Editions du Rocher. 281 pages. Nouvelles traduites du japonais en 2007 par Jean-Jacques Tschudin et Pascale Simon.
Avant-propos : "Plus d'un demi-siècle est déjà passé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et parmi "tous les changements et les transformations qui ont affecté la société, c'est probablement la perte de la solidité (mais peut-être était-elle illusoire ?) qu'avaient eu jusqu'alors les relations humaines au sein de la famille, ou entre amis et connaissances, ainsi que le sentiment de solitude de devoir vivre « sa vie » isolé [...] qui ont marqué les esprits" (page 8).
1/ On commence par Dazai Osamu (19/06/1909-13/06/1948) : Bizan (Bizan, mars 1948 ; traduit par Pascale Simon ; 15 pages).
Bizan, c'est le nom de la serveuse d'un bar-restaurant. Elle est très naïve, à la limite de la bêtise, mais aussi très dévouée, limite collante. Le narrateur et ses amis, habitués de cet établissement, ne se privent pas de la charrier. Méchante et cruelle jeunesse ! Elle leur tape vraiment sur le système. Elle, de son côté, éprouve de l'admiration pour le narrateur (un écrivain, bien sûr) et ses amis.
"[...] " (page 22).
En plus d'avoir du mal à comprendre, Bizan a un comportement étrange, fait des étourderies, elle dévale les escaliers lourdement, en faisant beaucoup de bruit, dérange les gens...
Très bonne nouvelle.
2/ Ishihara Shintarô (né le 30/09/1932) : Une parfaite partie de plaisir (Kanzenna yûgi, octobre 1957 ; traduit par Pascale Simon ; 34 pages).
"" (page 27)
Deux hommes sont dans une voiture. On est dans un coin de campagne, il se fait tard.
"[...]
" (page 28).
La femme attend le bus.
"" (page 30).
Les deux jeunes hommes sont totalement dénués de moralité. Ils sont du genre à prendre leur plaisir en se fichant complètement des autres. Et la femme de l'histoire est faible, psychologiquement parlant.
Le texte est un peu comme le Funny Games de Michael Haneke : froid et glauque à la fois, avec un style clinique.
Une très bonne nouvelle, mais horrible en même temps. La jeunesse dans ce qu'elle a de pire.
3/ Ôé Kenzaburô (né le 31/01/1935) : Le Centre de recherche sur la jeunesse en déroute (Kôtai seinen kenkyûjo, mars 1960 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 23 pages).
Cette nouvelle se "déroule dans le contexte de l'échec politique des luttes menées après-guerre contre le renouvellement du Traité de sécurité nippo-américain en 1960" (postface, page 268).
"" (page 61).
Le narrateur, vingt ans, a un petit boulot d'étudiant dans un minuscule centre de recherches, le Gorson Interview Office, dirigé par Mister Gorson, un jeune Américain, chercheur socio-psychologue de trente ans. Tous les mois, Mister Gorson envoie à un centre de recherches, aux Etats-Unis celui-ci, les données recueillies au Japon : il s'agit des interviews d'étudiants déprimés, d'anciens activistes ayant perdu leurs illusions.
"" (page 65).
Bien sûr, il ne peut pas y avoir indéfiniment des jeunes en déroute venant, contre rémunération, raconter leurs vies. Pour ne pas perdre son emploi, il faut parfois être... - comment dire ? - pro-actif...
On est chez Ôé : le jeunesse, les mouvements politiques, les idéologies (ou ce qu'il en reste)... C'est une bonne nouvelle.
4/ Ogawa Kunio (né le 21/12/1927) : Les Champs pétrolifères de Sagara (Sagara yuden, juillet 1965 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 20 pages).
Une jeune institutrice, Kanbayashi Yumiko, fait classe à des sixième. Le cours est consacré au pétrole.
"." (page 88).
"La question de savoir s'il y avait réellement des champs pétrolifères à Omaezaki en venait à le préoccuper. Qu'il y en eût, il était certain de l'avoir entendu dire quelque part. Mais il ne se rappelait plus qui avait raconté cela, ni quand ni où ça s'était passé." (page 89).
Cela va vraiment le perturber, il va en rêver... La suite baigne dans un onirisme symboliquo-étrange que l'auteur semble apprécier.
Un texte très lisible.
5/ Maruyama Kenji (né le 23/12/1943) : L'arrêt de bus (Basu-tei, mars 1977 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 23 pages).
Une fille issue de la campagne est allée en ville gagner sa vie. Elle est visiblement devenue entraîneuse, ou quelque métier équivalent.
Elle revient pour quelques jours dans sa campagne natale. Elle se sent en décalage total : elle peut raconter n'importe quoi, semble-t-il, on la croira.
La nouvelle se passe quasiment entièrement à l'arrêt de bus où la fille se trouve, en compagnie de sa mère, et où elle attend le bus qui la mènera à la gare où, enfin, elle pourra revenir à la Grande Ville. Enfin, elle pourra boire la bonne bière fraîche dont elle rêve... Est-ce que ses parents se demandent d'où elle sort son argent ?
La communication qui n'est finalement plus possible entre la fille et ses parents - et la petite bourgade en général - car ils sont restés ce qu'ils sont, tandis que la fille a changé au contact de la ville, et n'ont maintenant plus rien en commun, est très bien rendue : la mère paraît un peu intimidée, et en même temps, elle a les mêmes gestes qu'autrefois (elle sort une serviette de toilette pour essuyer la sueur de sa fille). Elle fait un peu honte à sa fille, qui en même temps ne peut pas la rejeter complètement.
Pas mauvais texte.
6/ Nakazawa Kei (née le 06/10/1959): Franchissant le bras de mer (irie e koete, avril 1983 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 39 pages).
Sonoé est une jeune fille en lycée. " [...]". (pages 129-130).
Elle y va en avance. Ainsi, elle pourra passer une journée avec Nirono Minoru, un charmant jeune homme. Mais va-t-il vraiment venir ? Aurait-elle mal compris ? Ou pas ? Ou si ? Ou bien non ? Ou bien peut-être que... va-t-il rompre sa promesse ? Ou pas ? Ou peut-être ?
Pourra-t-elle faire cette chose-là ?
"" (page 138).
C'est vraiment très long - la plus longue nouvelle du recueil). Il décrit peut-être en profondeur la psychologie adolescente, mais ce que cela peut être ennuyeux !
7/ Tanaka Yasuo (né le 12/04/01/956) : Comme avant (Mukashi mitai, février 1987 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 20 pages).
"" (page 169).
La narratrice est une jeune femme, "secrétaire particulière du vice-président d'une Consulting Company" (page 170).
Son fiancé, Yûichirô, est un journaliste actuellement en déplacement à Manille pour couvrir la situation politique tendue. C'est le portrait d'une jeune fille assez d'une famille assez aisée, bourgeoise, un peu occupée d'elle-même.
Elle aime son fiancé, c'est du moins ce qu'elle pense (ou croit, ou voudrait penser : "", page 185), mais va manger avec son ancien amant, homme à femmes, avec qui, finalement, elle a vécu des moments plus intéressants ("", page 184). Elle va se ranger et, pour cela, semble se persuader qu'elle aime son Yûchirô.
Une nouvelle un peu triste, pas complètement marquante, mais pas mauvaise non plus.
8/ Miyamoto Teru (né le 06/03/1947 -) : Un chemin écrasé de chaleur (astui michi, été 1987 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 23 pages).
Deux amis, le narrateur et Ôsugi, vont manger. Ils discutent du passé.
"" (page 191).
Ah, comment ne s'en souviendrait-il pas de cette fille, une "" !
Malgré un petit côté artificiel (pourquoi Ôsugi ne lui a-t-il jamais parlé de tout ce qu'il va lui apprendre ? "Il m'avait souvent parlé de ce restaurant des bas quartiers", page 191, ce qui veut dire qu'il se sont vus ou parlé à de nombreuses reprises)
qui permet au lecteur de découvrir tout ensemble le passé lointain et le passé très proche, l'un dans l'autre, c'est quand même une bonne nouvelle qui "fait revivre avec éclat les sonorités exubérantes du parler d'Ôsaka" (postface, page 270).
9/ Kita Morio (né le 01/05/1927) : Kamikôchi (Kamikôchi, mai 1988 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 30 pages).
C'est visiblement un texte autobiographique. Le père du narrateur est un écrivain connu de tanka. Dans la vie quotidienne, il est désagréable, colérique. Son fils n'a jamais rien lu de lui. Son père a quitté sa mère, sans qu'il sache pourquoi.
"" (page 219). Il se met à écrire lui-même des petits poèmes.
On est pendant la guerre. Le narrateur est étudiant, il va assister à la cérémonie d'entrée à l'"Ecole supérieure", puis se présenter à Tôkyô, convoqué par l'armée. Auparavant, il se rend à Kamikôchi, vallée connue pour ses beaux paysages (voir ici).
C'est un peu long. Il marche, collectionne les insectes, et en oublie sa volonté enfantine de se sacrifier héroïquement pour le peuple japonais.
C'est un texte qui brasse de nombreux thèmes de thèmes qui ont du potentiel (la guerre lointaine avec ses bombardements / la nature présente, les sentiments enfantins vus à distance par le narrateur adulte, la dualité d'un père écrivain
colérique mais auteur de très beaux tanka...), mais finalement se focalise trop sur tout ce que le narrateur fait, où il va, s'il a mal aux pieds, quel sentier il suit, où il arrive, ah, le pont a été emporté paraît-il, il faut suivre la rive gauche de la rivière (pas la droite, hein, la gauche).
10/ Kanai Mieko (née le 03/11/1947) : Couleurs d'eau (Mizu no iro, automne 1992 ; traduit par Jean-Jacques Tschudin ; 20 pages).
Voilà une nouvelle dont il est difficile de parler. Le style est extrêmement prépondérant, les phrases très longues (presque deux pages pour la première), très travaillées.
Une femme s'est suicidée, elle s'est noyée.
"[...] " (page 255).
C'est indéniablement bien écrit.
On aimerait lire d'autres textes de cet auteur. Les textes volontairement - et ostensiblement - très travaillés ne sont finalement pas très courants dans ce qui est traduit chez nous
En conclusion, un recueil globalement pas inintéressant, mais vraiment inégal.
On constate que les textes les plus réussis sont généralement ceux écrits par des auteurs déjà bien connus chez nous (Dazai, Ôé, Miyamoto Teru) ou réputés (Ishihara Shinrarô). Et que Kanai Mieko semble être une auteure intéressante (d'ailleurs, il paraîtrait qu'un livre de Kanai Mieko, Le livre de mots, sortirait en français...)
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