Livre.gif (217 octets) Littérature Japonaise Livre.gif (217 octets)



-
dictées

- listes
- liens recommandés


Papillon.gif (252 octets)

-> retour Japon <-

retour
page d'accueil

 


DAZAI Osamu

(19/06/1909 - 13/06/1948)

dazai osamu

 

"Dazai Osamu est mort en 1948, mais il fait toujours l'objet d'un culte au Japon. Pour avoir été en révolte contre une société extrêmement rigide et conformiste, il demeure l'éternel favori des jeunes gens, sa réputation étant d'ailleurs fondée sur sa vie plus que sur son oeuvre." (Ralph McCarthy, introduction à Cent vues du mont Fuji, Picquier poche).

Fils d'un riche propriétaire, Osamu Dazai, de son vrai nom Shuji Tsushima, est issu d'une famille très nombreuse (au moins onze enfants).

Brillant élève, il édite des publications estudiantines et y publie quelques oeuvres. Après le suicide d'Akutagawa en 1927, Shuji délaisse ses études, et se met à dépenser en alcool, vêtements et prostituées. Il s'intéresse au marxisme, se sent coupable d'être né dans la "mauvaise classe sociale".

En 1929, il fait une tentative de suicide avec des somnifères. Echec. Puis, il s'inscrit à la faculté de littérature française de l'université impériale de Tokyo et arrête aussitôt d'étudier. Il s'enfuit avec une geisha : il est alors rejeté par sa famille.
Il tente alors un suicide par noyade avec une serveuse de dix-neuf ans qu'il connaissait à peine. Elle meurt, mais pas lui, qui est sauvé par des pêcheurs. Sa famille finit par accepter qu'il se marie avec sa geisha.

Peu de temps après, il est arrêté pour appartenance au Parti Communiste. Un de ses frères, devenu chef de famille, l'expulse de nouveau de la famille et lui coupe toute aide financière. Mais cette aide est rétablie et il réintègre la famille à condition qu'il coupe tout lien avec le PC et qu'il finisse ses études. Il se calme, rencontre Ibuse Masuji, qui l'aide à publier ses premières oeuvres et sera un soutien tout au long de sa vie.
En 1933, il utilise pour la première fois son nom de plume "Osamu Dazai" pour sa nouvelle Le train.
Il ne finit pas ses études (il faut réviser pour obtenir ses examens...) et recherche du travail, sans succès. Il finit son recueil de nouvelles Les Dernières Années.
Après une nuit de débauche, il fait une nouvelle tentative de suicide par pendaison : le corde se rompt.

Quelques semaines plus tard, il est hospitalisé pour une appendicite aiguë ; il devient dépendant à un analgésique dérivé de l'opium. Il emprunte de l'argent pour se procurer sa drogue.
Deux de ses nouvelles sont nominés pour le prix Akutagawa.
Il fait un séjour en hôpital psychiatrique. "Pendant une semaine, il déchira ses habits, brisa les vitres, écrivant sur les murs, s'en prenant aux médecins et aux infirmières" (Ralph McCarthy). Dans le même temps, sa femme le trompe avec son meilleur ami. Osamu Dazai et sa femme font une tentative de suicide par somnifère... Echec. Ils divorcent.
Il se remarie avec une professeur de collège qui lui a été présentée par Ibuse Masuji. Première fille en 1941.

Il échappe à la guerre à cause de (grâce à) sa santé : on lui diagnostique la tuberculose, dont un de ses frères mourut. Malgré la censure, il parvient à continuer à publier, notamment des contes.
Il a un fils, puis une deuxième fille, la future écrivaine très connue : Yukio Tsushima.
Il atteint son apogée littéraire après la guerre.
Il devient alcoolique, rencontre une femme dont il emprunte le journal intime - qui lui inspire son roman Soleil couchant, un best-seller - , puis abandonne femme et enfants (sans le sou) pour une autre femme, avec qui il se suicidera par noyade. Auparavant, il aura eu une fille avec elle.

Les oeuvres de Dazai Osamu sont généralement écrites à la première personne et sont de nature autobiographique (le Watakushi shôsetsu, ou "roman-je", voir l'article de wikipedia).
"Grand amateur de femmes, égoïste, pleurant, gémissant, cet enfant terrible fut à contre-courant de la littérature établie, sage et bien-pensante, dès le moment où il apparut sur la scène littéraire. Toxicomane, il avait aussi la manie de la persécution, ce qui lui permettait d'être son propre laudateur en même temps que son plus féroce critique envers lui-même. " (Ralph McCarthy, introduction à Cent vues du mont Fuji, Picquier poche).
Il a tiré parti des nombreux événements de sa vie, de ses suicides ratés, de ses problèmes psychologiques, pour créer.

 

la femme de villon

La Femme de Villon (Viyon no tsuma, 1947) Traduit en 2005 par Silvain Chupin. 66 pages, Editions du Rocher.

"La porte d'entrée s'est ouverte brutalement, et ce bruit m'a réveillée, mais comme ce ne pouvait être que mon mari qui rentrait ivre mort à la maison, je n'ai rien dit et je suis restée couchée." (page 8).
C'est bien le mari. Il se montre anormalement gentil. Il s'enquiert de la santé du "petit".
"Cela non plus, ce n'était pas banal. Notre garçon aura quatre ans cette année, pourtant, peut-être parce qu'il est sous-alimenté, à cause de l'alcoolisme de mon mari, ou bien d'une maladie qu'il aurait attrapée, il est plus chétif qu'un enfant de deux ans, il tient même à peine sur ses jambes, et quant à parler, c'est tout juste s'il est capable de bredouiller « agaga » ou « nan nan », au point qu'on peut se demander s'il n'est pas idiot." (page 8). Mais, rapidement, deux voix se font entendre. Un homme et une femme à qui le mari de la narratrice doit de l'argent. Il prend la poudre d'escampette, laissant sa femme gérer la situation face au couple.
La narratrice :
"- Pardon. Je vous en prie, entrez et racontez-moi ce qui s'est passé, leur ai-je dit avant de retourner dans l'entrée, où je me suis accroupie. Je peux peut-être arranger les choses. S'il vous plaît, la maison est sale, mais veuillez entrer.
Mes deux visiteurs ont échangé un regard, ce sont mis d'accord d'un léger hochement de tête, puis l'homme, rectifiant sa tenue, m'a dit :
- Quoi que vous disiez, notre opinion est faite, madame. Mais je vais quand même vous raconter ce qui s'est passé.
" (page 14).

La narratrice est une femme qui, malgré l'adversité, lutte ("Le principal, c'est qu'on soit en vie", page 66). Elle ne reste pas à se lamenter. Le mari, lui, ressemble furieusement à Dazai...

Une bonne nouvelle, pas misérabiliste.

Un film en a été tiré en 2009.

 

Films d'après son oeuvre :
- Yottsu no kekkon (1944), réalisé par Aoyagi Nobuo
- Goodbye (1949), réalisé par Shima Koji. Avec Takamine Hideko et Mori Masayuki
- Kiganjô no bôken (1966), réalisé par Taniguchi Senkichi. Avec Mifune Toshiro
- La Boîte de Pandore (2009), réalisé par Tominaga Masanori
- Shayô (2009), réalisé par Akihara Masatoshi
- La Femme de Villon (Viyon No Tsuma, 2009), réalisé par Negishi Kichitaro. Nombreuses nominations et récompenses.
la femme de villon  
- Ningen shikkaku (2010), réalisé par Arato Genjiro
- Joseito 1936 (2012), réalisé par Fukuma Yûzô


- Retour à la page Littérature japonaise

 

Toute question, remarque, suggestion est la bienvenue.MAILBOX.GIF (1062 octets)