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MURAKAMI Haruki
(né le 12 janvier 1949 à Kyoto)
Né à Kobe en 1949. Murakami Haruki a étudié à l'université Waseda (notamment le Grec) avant de tenir un bar de jazz à Tokyo de 1974 à 1981, année où son roman La Course au Mouton Sauvage est publié.
La Ballade de l'impossible (1987) a connu un immense succès au Japon (plus de 4 millions d'exemplaires vendus), à la suite de quoi Murakami Haruki a préféré partir
aux Etats-Unis, dont il est revenu en 1995. Murakami Haruki a traduit en Japonais un
certain nombre d'auteurs anglo-saxons, notamment Scott Fitzgerald, Raymond Carver, John
Irving...
La Course au mouton sauvage (Hisuji o meguru bôken, 319 pages, Points-Editions du Seuil, 1982)
Prix Noma 1991 de la traduction pour Patrick De Vos.
Le héros de ce roman est un cadre fraîchement divorcé, qui codirige avec son associé une petite entreprise de publicité plutôt prospère. Le train-train de sa vie, les whiskys dans les bars, une liaison avec une fille aux oreilles parfaites et aux capacités visiblement légèrement divinatoires, va basculer lorsqu'il utilisera pour son travail un cliché en apparence bien innocent qui lui avait été envoyé par un ami d'enfance ("Le Rat"), ami qui a disparu de la circulation… Ce sera le début d'une quête, une course à étapes, une sorte de jeu de l'oie (si l'on veut continuer dans les animaux) mettant en scène une mystérieuse organisation tentaculaire, un milliardaire à l'agonie, l'hôtel du Dauphin (qui devait être déjà vieux quand on l'avait construit), un curieux Docteur ès moutons qui a communié spirituellement avec un représentant de l'objet de son étude, ainsi qu'un étrange mouton possesseur…
Le petit jeu intellectuel fait évidemment penser à certains romans policiers (Raymond Chandler), mais également à Vente à la criée du Lot 49, de Thomas Pynchon, avec certes une ambition moindre : Murakami cherche ici à amuser, intriguer par des situations loufoques (qui peuvent néanmoins déboucher sur une explication de certaines destinées comme celle de Gengis Khan), bien mises en valeur par un style, des comparaisons loufoques mais très parlantes (page 143 : "Au loin quelqu'un s'exerçait au piano. C'était exécuté comme on descendrait un escalator montant").
C'est un roman intéressant, ludique, avec toutes les limites que comporte ce genre : psychologie forcément limitée, certains passages peuvent s'approcher d'un n'importe quoi pleinement assumé et auto-justifié, puisque tout peut arriver …
On retrouvera le narrateur dans un autre livre de Murakami : Danse, danse, danse (1988)
La Ballade de l'Impossible (le titre
original, Norway no mori, faisait référence à une chanson des Beatles - Norwegian Wood - qui,
entendue par le narrateur, va le plonger dans les souvenirs de ses vingt ans). L'histoire
se déroule dans les années 1969-1970.Watanabe vient d'entrer à l'université. Un jour,
il retrouve par hasard Naoko, une jeune femme qu'il n'avait plus revue depuis le suicide
inexpliqué de son petit ami (qui se trouvait être le meilleur camarade de Watanabe). Il
renoue avec elle, mais Naoko, trouvant le poids de la vie trop lourd, se retire dans un
établissement de santé isolé. Watanabe rencontre Midori, une étudiante à la même
université qui, contrairement à Naoko, semble pleine de vie. Mais que ce soit d'un
côté comme de l'autre, l'ombre de la mort plane. C'est un grand et très beau roman, avec
les éternelles questions du sens de la vie, de la mort. Les mauvaises langues
pourront lui reprocher une certaine tendance au sentimentalisme. Une dernière chose
: il est amusant de trouver, avant Forrest Gump "la vie est comme une boîte de
biscuits"(page 309).
Après le tremblement de terre (158 pages, 10/18, traduit par Corinne Atlan, 2000). Six nouvelles composent ce recueil. Le tremblement de terre de Kobe, est ici à prendre plutôt métaphoriquement. Comment survivre après une catastrophe ? Plusieurs personnages se posent des questions sur leur existence, sur le "vide" qu'ils ressentent en eux (Un Ovni a atterri à Kushiro, Paysage avec fer). Dans la nouvelle Crapaudin sauve Tokyo, une grenouille géante demande l'aide d'un employé de banque dans son combat titanesque contre un immense lombric qui, s'il n'est pas mis hors d'état de nuire, va causer un séisme majeur à Tokyo.
De très bonnes nouvelles, tour à tour amusantes et nostalgiques, avec comme toujours chez l'auteur de multiples références "internationales" (John Updike, Erroll Garner...)
Autres livres :
- Le Flipper de 1973 (1979)
- Ecoute la Voix du Vent (1989, prix Gunzô, non traduit)
- La Fin des Temps (1985, prix Tanizaki)
- La Ballade de l'Impossible (1987)
- Danse, Danse, Danse (1988)
- Au Sud de la Frontière, à l'Ouest du Soleil
- L'Eléphant s'évapore (nouvelles)
- Chroniques de l'Oiseau à ressort
- Les Amants du Spoutnik
Films d'après son oeuvre :
- Dansa med dvärgar (2003), court-métrage suédois écrit, réalisé, produit, monté par Emelie Carlsson Gras. Présenté au 23ème Festival International du film d'auteur, il a obtenu une mention spéciale dans le cadre du Prix des Enfants de la Licorne (section Jeunes auteurs européens en compétition).
- Tony Takitani (2004), réalisé par Ichikawa Jun qui a remporté le Prix Fipresci et le Prix Spécial du Jury au Festival de Locarno.
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