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SARAMAGO José
(Azinhaga, 1922 - à Lanzarote, Îles Canaries, Espagne, 18/06/2010)

 

Ecrivain, Journaliste.
Bon élève, il a été placé en école professionnelle à l'âge de 12 ans, car ses parents étaient trop pauvres.

Pendant deux ans, il a travaillé comme mécanicien automobile, puis a occupé divers postes administratifs, pour finalement devenir journaliste et traducteur.
Il lui faudra de nombreuses années pour s'imposer dans le monde littéraire : près de trente ans s'écoulent entre son premier roman Terre du péché (Terra do pecado, 1947) et son deuxième : L'Année 1993 (O ano de 1993, 1975).
Le succès vient avec Le Dieu Manchot (1982), roman qui lui assure une renommée internationale.
Saramago est membre du Parti communiste portugais depuis 1969.

Il a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1998, devenant le premier et jusqu'à présent le seul écrivain de langue portugaise a l'avoir obtenu.



L'Aveuglement, de Saramago, dans la beauté de l'île de Versailles, à Nantes, le 6 novembre 2008.

 

- L' Aveuglement (Ensaio sobre a Cegueira, 1995, Editions du Seuil, 303 pages, traduit par Geneviève Leibrich).

C'est le début. Un feu passe au rouge, les voitures s'arrêtent. Puis c'est le feu vert... une voiture ne repart pas. Que se passe-t-il ? Un problème mécanique ?

"Les nouveaux piétons en train de s'assembler sur les trottoirs voient le conducteur de l'auto immobilisée gesticuler derrière le pare-brise pendant que les voitures klaxonnent frénétiquement. Plusieurs conducteurs sont déjà sortis de leur véhicule, prêts à pousser la voiture en panne là où elle ne gênera pas la circulation, ils frappent furieusement contre les vitres fermées, l'homme à l'intérieur tourne la tête vers eux, d'un côté, puis de l'autre, on le voit crier quelque chose et aux mouvements de sa bouche on comprend qu'il répète un mot, non, pas un mot mais trois, c'est bien cela, comme on l'apprendra quand quelqu'un aura enfin réussi à ouvrir une portière, Je suis aveugle.
On ne le dirait pas. A première vue, à un simple coup d'oeil, seule possibilité pour l'instant, les yeux de l'homme paraissent sains, l'iris a un aspect net, lumineux, la sclérotique est blanche, compacte comme de la porcelaine. Les paupières largement ouvertes, la peau crispée du visage, les sourcils soudain froncés, tout cela, chacun peut l'observer, est l'effet destructeur de l'angoisse. [...] Je suis aveugle, je suis aveugle, répétait-il avec désespoir pendant qu'on l'aidait à sortir de la voiture, et les larmes qui jaillissaient rendirent plus brillants les yeux qu'il prétendait morts." (page 12).

"L'aveugle éleva les mains devant ses yeux, les déplaça, Rien, c'est comme si j'étais en plein brouillard, comme si j'étais tombé dans une mer de lait, Mais la cécité est noire, Eh bien moi je vois tout blanc [...]" (page 13).

C'est le début de l'épidémie d'aveuglement...
On aura noté le style particulier de Saramago : les dialogues sont écrits à la suite, sans retour à la ligne. Cela pourrait paraître gratuit, mais - en tout cas dans ce roman - cela renforce la coulée du roman, une lave pâteuse qui avance inexorablement, les dialogues, les descriptions et les commentaires ironiques formant un tout.

Le grotesque même des aveugles est souvent pathétique et malheureusement drôle :
"C'est ce type qui est coupable de notre malheur, si j'avais des yeux je le tuerais à l'instant même, vociféra-t-il en indiquant l'endroit où il croyait que se trouvait l'autre. L'erreur de direction n'était pas grande, mais le geste dramatique eut un effet comique car le doigt accusateur désignait une table de chevet innocente." (page 52).

Les aveugles sont rapidement parqués : il faut limiter la contagion.
"Les cris avaient diminué, l'on entendait maintenant des bruits confus dans le vestibule, c'étaient les aveugles qui se cognaient en troupeau les uns aux autres, qui se pressaient dans l'embrasure des portes, certains s'égarèrent et aboutirent dans d'autres dortoirs, mais la majorité, se bousculant, agglutinée en grappes ou se propulsant individuellement, agitant les mains avec angoisse comme s'ils se noyaient, entra dans le dortoir en tourbillon, comme poussée de l'extérieur par un rouleau compresseur. Plusieurs tombèrent et furent piétinés. Comprimés dans la travée étroite, les aveugles débordaient peu à peu dans les espaces entre les grabats, et là, tels des bateaux qui arrivent enfin à bon port au milieu de la tempête, ils prirent possession de leur mouillage personnel, un lit, et ils protestaient, s'exclamant qu'il n'y avait plus de place pour personne, les retardataires n'avaient qu'à chercher ailleurs." (page 71).

Il existe peut-être des moyens plus radicaux pour endiguer l'épidémie. Par exemple, voici la conversation entre le Ministère de la Santé et le Ministère des Armée :
"[...]Il y a ici un colonel qui pense que la solution serait de tuer les aveugles au fur et à mesure qu'ils perdraient la vue, Le fait qu'ils soient morts au lieu d'être aveugles ne changerait pas grand-chose au tableau, Etre aveugle ce n'est pas être mort, Oui, mais être mort, c'est être aveugle, Bon, alors vous nous en envoyez deux cents environ, Oui, Et qu'allons-nous faire des chauffeurs d'autocar, On les interne aussi. Ce même jour, en fin d'après-midi, le ministère de l'Armée téléphona au ministère de la Santé, Vous connaissez la nouvelle, ce colonel dont je vous ai parlé est devenu aveugle, Que pense-t-il maintenant de son idée, Il y a pensé, il s'est brûlé la cervelle, Il n'y a pas à dire, son attitude est cohérente, L'armée est toujours prête à donner l'exemple." (pages 106-107)

Saramago a très souvent des remarques ironique, comme par exemple :
"Comme il n'y avait pas de témoins, et s'il y en eut rien ne porte à croire qu'ils eussent été appelés dans le cadre de ce procès-verbal à nous relater les événements, il est tout à fait compréhensible que quelqu'un demande comment il est possible de savoir que les événements se sont déroulés ainsi et pas autrement, et la réponse à donner est que tous les récits sont comme ceux de la création de l'univers, personne n'était là, personne n'y a assisté, mais tout le monde sait ce qui s'est passé." (page 247).

L'aveuglement de tout un pays conduit à une désorganisation totale, c'est bien sûr la lutte pour la survie, les instincts qui ressurgissent, les bassesses humaines, mais aussi la générosité de certains, la solidarité nécessaire des aveugles. On peut y voir ce que l'on voudra, parabole, symbole.

En tout cas, c'est un roman scotchant, ultra efficace, horrible et parfois magnifique.

L'aveuglement est un roman brillant.

Le Dieu Manchot (Memorial do convento ; traduit du portugais par Geneviève Leibrich). 420 pages.

Nous sommes dans la première moitié du XVIII° siècle.

Le fil conducteur de cette histoire foisonnante, c'est la construction d'un monastère à Mafra (village –actuellement ville de 53 000 habitants - situé 28 kilomètres de Lisbonne) conséquence d'une promesse du roi s'il avait un enfant. Ce monastère, financé par l'or du Brésil, va prendre des dimensions gigantesques, nécessiter des efforts surhumains.

Les deux personnages principaux parmi une multitude de personnages, souvent seulement entrevus, sont Balthazar et Blimunda (c'est d'ailleurs le titre en anglais : Baltasar and Blimunda).
Balthazar Sept-Soleil est un soldat qui a perdu le bras gauche au combat. Blimunda est celle qui devient sa compagne, une femme qui possède un étrange pouvoir.
Sa mère – plus ou moins hérétique - est "condamnée à être fouettée publiquement et à subir huit années de bannissement dans le royaume d'Angola […]" (page 65).

D'autres n'ont même pas cette chance :
"Sébastienne Marie de Jésus est passée, tous les autres sont passés, la procession a fait un tour entier, ceux qui avaient été condamnés à ce châtiment reçurent le fouet, les deux femmes furent brûlées, l'une qui avait déclaré vouloir mourir dans la foi chrétienne fut préalablement étranglée au garrot, l'autre fut rôtie vive en raison de la persévérance contumace dont elle fit montre jusqu'à l'heure de sa mort, un bal s'est formé devant les bûchers, hommes et femmes dansent, le roi s'est retiré, il a regardé, il a mangé, il est reparti, en compagnie des infants il a regagné le palais dans son carrosse tiré par six chevaux, gardé par sa garde, le soir tombe vite mais la chaleur est toujours suffocante, le soleil est un garrot, sur le Rossio descendent les grandes ombres du couvent des Carmes, les femmes mortes sont abaissées sur les tisons pour qu'elles achèvent de se consumer, la nuit venue leurs cendres seront éparpillées, même le Jugement dernier ne saurait les rassembler, les gens rentrent chez eux, confortés dans leur foi, portant collée à la semelle de leurs souliers quelque poussière de suie, quelque fragment poisseux de ces chairs noircies, du sang peut-être, encore visqueux s'il ne s'est pas évaporé sur les braises." (page 66-67).

Blimunda ne passe pas inaperçu "[…] avec sa chevelure rousse, mais le mot est injuste car sa couleur est celle du miel, et ses yeux clairs, verts, gris, bleus quand la lumière les frappait de plein fouet et subitement très sombres, d'un brun couleur de terre, eau emplie de ténèbres, et noirs quand l'ombre les recouvrait ou les effleurait à peine […]" (page 125).

On le voit, le narrateur est très présent, il dit, corrige, anticipe… Plus qu'un texte écrit, c'est un roman oral.

Il faut aussi parler un peu d'un prêtre, le Père Bartolomeu Lourenço, qui rêve de voler grâce à une machine de son invention, la Passarole…

"moi, le père Bartolomeu Lorenço, revenu de Hollande où je suis allé vérifier si en Europe on savait déjà voler avec des ailes, m'enquérir si dans l'étude de cette science l'on y était plus avancé que moi dans mon pays de marins, et à Zwolle, Ede et Nijkerk j'ai étudié avec quelques vieux sages et alchimistes, de ces hommes qui savent faire éclore des soleils dedans les cornues et qui meurent ensuite de mort étrange, se desséchant jusqu'à n'avoir pas plus de substance qu'une botte de paille cassante et qui comme la paille alors s'embrasent, c'est leur vœu à tous quand vient l'heure de mourir, je ne laisserai que cendres, et spontanément ils prennent feu […]" (page 142).
Parfois, le texte passe ainsi de la troisième à la première personne.

Il y a de nombreux passages amusants et beaux à la fois, ainsi lorsque le prêtre s'en revient d'un de ses voyages : "[…] et Balthazar ne répondit pas mais il avait deviné que c'était le prêtre, les mules qui servent au transport des ecclésiastiques étant empreintes d'une authentique douceur évangélique, peut-être acquise, qui contraste avec la pétulance encore rebelle de celles qui ne sont montées que par des laïcs […] (page 147)

Après avoir évoqué l'image bien connue du rameau d'olivier, Saramago écrit : "D'aucuns penseront que la petite branche est une offre de paix au lieu qu'il est tout à fait manifeste qu'elle est la première brindille d'un fagot futur […]" (page 223)

"Le soleil s'est posé sur l'horizon de la mer, orange dans la paume de la main, disque de métal retiré de la forge et mis à refroidir, sa brillance ne blesse plus la vue, il fut blanc, puis cerise, puis vermeil, puis rouge foncé, il resplendit encore, mais sourdement, il nous dit adieu, au revoir, à demain […]" (page 239).

"[…] du sol monte une odeur âcre, celle de la sève de la marguerite, parfum du monde à son premier jour, avant que Dieu n'eût inventé la rose." (page 316).

Parfois, les énumérations sont interminables... mais elles sont justifiées : les processions sont elles-mêmes interminables. Ainsi, le lecteur s'en rend bien compte, presque physiquement. "[…] la procession n'en est encore qu'à sa première moitié […] mais l'attention des spectateurs faiblit" (page 184), écrit Saramago, ironiquement.

Un roman foisonnant, énorme ; parfois, sans doute, Saramago en fait un peu trop, mais il est souvent – très souvent – impressionnant.
Il ne se lit pas en cinq minutes, il faut lui donner du temps.


On pourra voir, sur http://en.wikipedia.org/wiki/Mafra_National_Palace des photos du monastère-palais, dont la bibliothèque qui contient actuellement 40 000 livres.

13 ans furent nécessaires à sa construction, avec un nombre moyen de 15 000 ouvriers, avec des pointes à 45 000. 1 383 ouvriers périrent. 400 kilos de poudre furent nécessaire pour araser ce qui devait l'être.
Le complexe occupe au total 37 790 mètres carrés. 1 200 salles, 4 700 portes et fenêtres (il écrase le château de M. le baron de Thunder-ten-tronck).

Concernant ce personnage très singulier qu'était le Père Bartolomeu Lourenço, on pourra voir sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bartolomeu_Lourenço_de_Gusmão


Photographié à Porto, le 29/05/2010.


Le Radeau de Pierre (A jangada de pedra ; traduit du portugais par Claude Fages). 346 pages. Points Signatures.

Le roman est placé sous l'égide d'une citation d'Alejo Carpentier : "Tout futur est fabuleux".
Puis, il commence ainsi : "Quand Joana Carda griffa le sol avec une branche d'orme, tous les chiens de Cerbère se mirent à aboyer, semant panique et terreur dans la population car une croyance datant des temps les plus reculés voulait que, si la gent canine, qui avait toujours été muette, se mettait soudain à aboyer, la fin du monde serait proche." page 9.
Cerbère est une commune française des Pyrénées Orientales. Par contre, Joana Carda se trouvait au Portugal à ce moment fatidique... Etonnant, non ?

"Si quelqu'un avait demandé à Joana Carda ce qui lui était passé par la tête pour se mettre à griffer le sol avec un bâton, geste d'adolescente lunatique plutôt que de femme pondérée ou comment elle avait pu ne point songer aux conséquences d'un acte en apparence si peu sensé, et chacun sait que ce sont les plus dangereux, elle aurait sans doute répondu, Je ne comprends pas ce qui s'est passé, le bâton était par terre, je l'ai ramassé et j'ai tracé une ligne [...]" (page 10).
Les chiens muets qui se mettent à aboyer... une ligne étrange tracée au sol... mais aussi des oiseaux au comportement étrange, une pelote de laine singulière... Et que se passe-t-il ? La péninsule ibérique se met à dériver ! Pourquoi ? La faute à qui ?
Ce n'est plus une péninsule, mais une île, un Radeau de pierre. La césure a eu lieu exactement à la frontière entre l'Espagne et la France, une coupure nette, comme au fil de plomb. Les Pyrénées sont coupées, les falaises, droites, sont vertigineuses.
Le roman est paru au Portugal en 1986, année de l'entrée du pays en Europe, ce n'est vraisemblablement pas un hasard :
"Encore qu'il ne soit guère flatteur de le confesser, certains Européens, se voyant libérés des incompréhensibles peuples occidentaux qui naviguaient désormais démâtés au milieu de l'océan qu'ils n'auraient jamais dû quitter, considérèrent ce fait comme une bénédiction, la promesse de jours meilleurs encore, chacun avec son semblable, finalement on commence à comprendre ce qu'est l'Europe, quand bien même quelques parcelles dégénérées s'accrochent encore qui finiront bien tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, par se détacher. Parions qu'à la fin des fins, nous allons nous voir réduits à un seul pays, quintessence de l'esprit européen, simple, sublimé, parfait, l'Euope, c'est-à-dire la Suisse." (page 168).

La toile de fond du roman montre (un peu, et de façon amusée) les conséquences politiques du phénomène. On voit par exemple la mise en place, au Portugal, d'un gouvernement de salut national. "Car, et il est bon que personne n'ait de doutes là-dessus, les gouvernements de salut national sont eux aussi excellents, on peut même dire que ce sont les meilleurs, dommage que les patries n'en aient besoin que de loin en loin, c'est la raison pour laquelle nous n'avons généralement pas de gouvernements qui sachant gouverner nationalement." (page 221).
On voit la réaction des peuples européens et ibériques, des gouvernements Américain et Soviétique, on suit les scientifiques désemparés (que se passe-t-il ? le radeau va-t-il vraiment à la dérive... ?), et surtout une poignée de personnages hors du commun, et là, c'est une sorte de "fantaisie" très intéressante, très belle souvent.

Le roman est virtuose, Saramago s'amuse.
La voiture de nos héros a un nom (et presque une personnalité) : "Deux-Chevaux". A un moment, on arrive à Lisbonne : "Deux-Chevaux traverse le pont lentement, à la vitesse minimum autorisée, pour donner l'Espagnol le temps d'admirer la beauté des paysages de terre et de mer, ainsi que la grandiose construction qui relie les deux berges du fleuve, construction périphrastique, nous parlons de la phrase, bien entendu, utilisée dans le seul but d'éviter la répétition du mot pont, ce qui produirait un solécisme de l'espèce pléonastique ou redondante. Dans les divers arts et principalement dans l'art d'écrire, le meilleur chemin entre deux points, même proches, n'a jamais été, ne sera jamais et n'est pas la ligne droite, jamais au grand jamais, manière énergique et emphatique de faire taire les doutes." (pages 112-113).

Ecriture remarquable, très inventive, auteur qui s'amuse, monde fantaisiste, personnages originaux, histoire intriguante et fascinante, rebondissements, rien ne manque... sauf une fin à la hauteur, peut-être. On voudrait du grandiose, du frappant ; on a de la demi-teinte. Le lecteur (moi, en tout cas) a l'impression de ne pas avoir fini le livre. Le roman étant en même temps souvent une réflexion sur l'écriture, les moyens à mettre en oeuvre pour parvenir à faire une oeuvre, peut-être était-ce là un des buts de l'oeuvre : l'expectative, la non-fin, le roman comme une représentation de la vraie vie.

On peut préférer Le Dieu Manchot (plus "lourd") ou bien L'Aveuglement (plus "sérieux"), mais le Radeau de pierre est une fantaisie (parfois mélancolique) captivante.



Egalement disponibles en français :
- Manuel de peinture et de calligraphie
- L'Année de la mort de Ricardo Reis
- Histoire du siège de Lisbonne
- L'Évangile selon Jésus-Christ
- Tous les noms
- La Caverne
- L'autre comme moi
- La Lucidité
- Les intermittences de la mort
- Le Voyage de l'éléphant


Films d'après son oeuvre :
- La Balsa de piedra (2002), réalisé par George Sluizer
- Blindness (2008) (d'après l'Aveuglement), film réalisé par Fernando Meirelles.




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