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Amélie NOTHOMB
(Kobe, Japon, 13/08/1967 - )

Fille d'un ambassadeur belge, elle a vécu un certain temps au Japon, ce qui lui a permis d'écrire plusieurs romans ayant pour cadre le Pays du Soleil Levant.
Ses romans de 1992 à 2008 :
Son premier roman, Hygiène de l'assassin (1992), l'impose immédiatement. Elle est douée, a un style bien a elle. Les thèmes semblent neufs. Les gros sont méchants, les prénoms sont invraisemblables (le personnage principal s'appelle Pretextat Tach), la nourriture est généralement source de dégoût.
Son roman suivant, Le Sabotage amoureux (1993), qui met en scène les enfants d'ambassadeurs en Chine, ne déçoit pas.
Les Combustibles (1994) se déroule dans un pays en guerre. Il fait froid... Quel livre brûlerions-nous pour nous accorder quelques instants de chaleur ? Là, première déception, les livres et les auteurs sont tous inventés. Il aurait été beaucoup plus drôle de parler de vrais livres (ce que même Roland Emmerich, dans Le Jour d'après). C'est une pièce de théâtre plus qu'un roman. Mais dans les romans suivants de l'auteur, les dialogues vont être très présents (ils l'étaient déjà dans Hygiène de l'Assassin). Des dialogues vifs... et faciles à lire.
Dans Les Catilinaires (1995), un voisin - Palamède Bernadin - vient embêter un couple de retraités. Il vient chez eux, s'impose, sans rien dire. Une sorte de croisement entre le Silence de la Mer (Vercors) et Enfin le Silence (Ott).
Péplum (1996) est agréable à lire, mais seulement égréable. Amélie est dans le coma. Elle parle avec un homme du futur, qui l'a kidnappée. On est maintenant au XXVI° siècle.
Attentat (1997) traite de beauté et de laideur. Critiquer la dictature de la beauté, c'est toujours d'actualité, mais c'est également facile. On est entré dans une certaine forme de routine. La dictature des apparences existe, tout le monde est au courant, ce n'est pas une révélation.
Mercure (1998) a été critiqué à cause de ses deux fins. Je dois avouer que je m'étais laissé manipuler par l'auteur. De plus en plus, les livres d'Amélie Nothomb reposent sur une idée, parfois très mince, et elle bricole son livre autour. Certains trouvaient Hygiène de l'assassin un peu lourd, mais il avait beaucoup plus de contenu que Mercure.
De plus, il devient intéressant de confronter, a posteriori, l'histoire d'Hygiène avec ce que nous savons de l'auteur : à quel point Amélie est-elle Pretextat Tach (par rapport à ce que l'on apprend dans le livre) ?
Bref, Mercure est jusque là son texte le plus faible.
Sans doute le perçoit-elle, car elle publie alors ce qui reste un de ses plus grands succès : Stupeurs et tremblements (très bien adapté par Alain Corneau avec Sylvie Testud en 2003). Le roman reçoit le Grand Prix de l'Académie Française.
Amélie Nothomb y parle de son expérience de stagiaire dans une grande entreprise japonaise. Elle conforte le public occidental dans tous les clichés japonais. Une petite polémique naît, je crois, à ce moment là : à quel point ce qu'elle raconte est-il vrai ? Comprend-elle vraiment le japonais, comme elle le dit ? Certains disent que non, qu'ils lui ont parlé en japonais et qu'elle n'a pas pu leur répondre. Bref, pour certains - et pas des moins calés sur la civilisation japonaise - elle se rapprocherait plus de l'arnaque que du documentaire.
Mais, après tout... c'est un roman, non ?
Amélie Nothomb poursuit dans la veine de l'autobiographie nippone l'année suivante avec Métaphysique des tubes (2000). Elle raconte les trois premières années de son existence, sa découverte du monde et du chocolat blanc belge. C'est vraiment amusant. C'est le regard que Nothomb, rétrospectivement, s'imagine avoir porté sur le monde. Petite, elle est dotée d'une immense culture, conceptualise à mort... Elle est désormais bien plus à l'aise dans ces romans pseudo-autobiographiques (même s'ils agacent fortement les connaisseurs du Japon) que dans ses oeuvres de fiction "pures" (même si, bien sûr, les écrivains mettent une part d'eux-même dans ce qu'ils écrivent).
Elle publie alors Cosmétique de l'ennemi (2001). Il marque en quelque sorte une date : il n'est vraiment pas bon. Même sans avoir vu un certain film de Giuseppe Tornatore, on devine la fin (oserais-je dire l'arnaque ?) vers le milieu du court roman (mon trajet en métro pour revenir du boulot depuis La Défense m'a quasiment laissé le temps de le finir... de plus, l'éditeur pense aux myopes, dont je fais partie : c'était vraiment écrit gros).
Pourquoi publier un livre baclé par an ? Woody Allen n'est pas forcément un exemple à suivre.
Bref, un livre vraiment pas bon. De plus, le titre fait terriblement penser à Hygiène de l'Assassin. Amélie fera-t-elle comme les 007, dont les titres semblent générés par ordinateurs ?
Robert des Noms propres paraît en 2002. Aïe. Amélie apparaît même dans son livre. A part ça, il ne m'en reste rien. Enfin, il se passe plein de trucs, et puis voilà. Vite lu, vite oublié (parce que vite lu ?)
Antéchrista. 2003. L'histoire d'une fille et d'une copine à elle, qui est en même temps son exact opposé. La victime et le bourreau, en quelque sorte, thème qui sera réutilisé deux ans plus tard. Ca se lit, mais Amélie Nothomb ne remonte pas la pente pour autant.
A ce point, on se demande ce qu'il reste du talent prometteur des débuts, et de l'exploitation habile de ses expériences (réelles ou supposées) en extrême-orient.
Si elle n'a plus rien à dire, pourquoi continuer à publier ? Pour s'acheter des chapeaux, payer ses impôts ?
Et pourquoi continuer à la lire ? Par pur masochisme ? Ou bien par fascination voyeuriste : le suicide littéraire d'un auteur prometteur ?
Comme à chaque fois que ça ne va plus très bien, Amélie Nothomb ressort la carte de l'autobiographie.
C'est Autobiographie de la faim (2004). Elle parle de nourriture (un de ses sujets de prédilection), de potomanie, du Japon... Quand même moins réussi que ses autres romans à veine autobiographique.
2005 : Acide Sufurique. Amélie Nothomb ne peut pas écrire que des romans autobiographiques, sinon le filon serait trop vite épuisé. Elle commet donc des petites oeuvres qui dénoncent les tares de la société. Elle s'est déjà attaquée à la tyrannie de la beauté (Attentat, 1997, pour ceux qui n'auraient pas suivi), on a maintenant droit à une émission de télé-réalité qui se passe dans un camp de concentration. C'est rigolo : les médias sont tombés dans le panneau en créant une (mini) polémique, alors que, franchement, on est loin du roman réaliste : on n'y croit pas une minute. C'est de la provocation, c'est tout. Amusant. On rencontre une énième fois l'amitié-admiration pour une fille.
2006 : Journal d'Hirondelle. Un roman qui parle de l'identité. Enfin, qui en parle... Disons que c'est l'histoire d'un type qui s'ennuie. Il décide de changer d'identité, et de devenir tueur à gages. On retrouvera plus tard ce thème du tueur. Bof. Et même pire que cela. C'est probablement moins bon encore que Cosmétique de l'ennemi (2001).
Comment Amélie va-t-elle s'en sortir (même si elle continue à beaucoup vendre, inexplicablement ?)
La réponse habituelle : en donnant dans l'autobiographie.
2007 : Ni d'Eve ni d'Adam. Amélie a maintenant 21 ans. Elle a un petit ami japonais. Elle fait des gaffes culturelles. C'est rigolo. Le livre est plus gros que ses précédents ouvrages. Ouf, ça va mieux. Ce n'est pas un chef d'oeuvre de la littérature, mais c'est très lisible. Un livre qui va toujours autant énerver les spécialistes du Japon... ou pas, car ils ne la lisent probablement pas.
2008 : Le Fait du Prince. On croirait une ressuscée de Journal d'Hirondelle. Un homme change d'identité, à l'occasion d'une mort survenue chez lui. Il y a toujours des petites phrases sympathiques, mais le niveau est assez consternant. Là, on a je crois le moins bon (le pire ?) livre d'Amélie Nothomb.
A part ses romans annuels, elle écrit des petits textes, comme L'Existence de Dieu : pour trancher définitivement la question de l'existence de Dieu, vaste sujet qui a fait beaucoup de morts, un référendum est organisé : oui ou non Dieu existe-t-il. Le texte est disponible sur http://membres.lycos.fr/fenrir/nothomb/existence.htm
L'histoire part en vrille, c'est amusant, mais ça aurait sans doute pu être plus que cela.
Sans Nom est censé se dérouler en Finlande.
"C'était en Finlande, quelque part entre Faaaa et Aaaaa.
J'étais parti trois jours auparavant, à la recherche de la dame de mes pensees, car dans le Nord, si l'on part en voyage, c'est que l'on cherche la dame de ses pens"es. (C'est l'un des points communs les plus étranges entre le Nord et le Sud.)"
On va dire que c'est une Finlande recréée, parce que sinon on se dira qu'Amélie Nothomb ne s'est pas beaucoup documentée. Les volets, dans les pays nordiques, sont très rares. De plus, elle ne sait pas que les films - et les séries américaines - sont diffusés en vo, dans cet heureux pays.
Amusant.
A noter que le grand-oncle d'Amélie est Paul Nothomb (1913/2006), romancier, philosophe, "Homme de gauche, ami d'André Malraux, il aurait inspiré le personnage d'Attignies dans l'Espoir". (http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Nothomb ).
Brillant comme une casserole. Recueil de 3 contes illustrés par Kikie Crèvecœur, La Pierre d'Alun, 1999
1/ Légende peut-être un peu chinoise (1993). Un Prince habite dans le Palais des Nuages. "C'était un lieu d'une beauté si formidable que les visiteurs devaient porter des lunettes de soleil pour le voir, car ses murs étaient recouverts de papier d'aluminium qui le faisait briller comme une casserole neuve. Ceux qui y avaient habité devenaient incapables d'habiter ailleurs : après, les autres palais leur paraissaient ternes et vulgaires." (page 15). Le Prince en a ras-le-bol de la beauté. Il doit se marier pour prendre la succession de son père. Un peintre va parcourir l'Empire pour lui rapporter les portraits des plus belles princesses… Mais de la beauté, il en a marre !
Nouvelle pas mal, dont on voit arriver la fin à des kilomètres, vu qu'on l'a déjà lue plusieurs fois.
Le thème de la beauté et de la laideur est bien sûr à rapprocher d'Attentat (1997).
2/ Le Hollandais ferroviaire (1996 ; publication dans Le Monde)
Sans doute la meilleure nouvelle du recueil. Le narrateur est professeur d'assyriologie au Collège de France. Il donne une heure de cours et fait donc le trajet aller-retour Bruxelles-Paris une fois par semaine. Le TGV, est certes plus rapide que l'ancien tchouk-tchouk. Mais il marque la fin des compartiments. "Un compartiment, c'était un salon où l'on discutait avec ses amis d'un jour. A présent, les wagons sont aménagés comme des autocars : on est calé à côté d'un seul voisin. Le chiffre deux étant le plus intimidant, chacun se cache dans son journal." (page 48 ).
Un jour, alors que la rame était bondée, un homme étrange se mit à parler dans la langue de chacun des passagers…
Une nouvelle vraiment bien écrite, mystérieuse, mais la fin est trop abrupte. C'est plus une pirouette (amusante) qu'une vraie fin.
3/ De meilleure qualité : petite nouvelle sur un tueur en série qui tue par désoeuvrement, car il manque de culture. Grâce au garçon d'un restaurant, il prend conscience que la quantité et la qualité, ce n'est pas pareil. Cette révélation aura une influence sur son passe-temps favori.
Moyen.
Un petit recueil hétéroclite. Bien que les romans d'Amélie ressemblent à de grandes nouvelles, elle y est plus à l'aise que dans les nouvelles brèves.

Le Voyage d'Hiver. 2009. 133 pages. Albin Michel.
Le narrateur est dans un aéroport.
"" (page
7).
Tadaaa !
L'aéroport, cela fait penser à Cosmétique de l'ennemi (2001), qui n'était pas exactement son meilleur roman.
Mais lisons la suite. Il est 9h30, "" (pages 11-12).
Le lecteur va donc apprendre ce qui a conduit le narrateur à cette extrémité, et quel moyen il va mettre en oeuvre pour y parvenir.
Le narrateur s'appelle Zoïle (il fallait bien sûr un prénom original. Le problème, c'est que l'originalité des prénoms ne surprend plus). Il a appris par coeur les six lignes consacrées au fameux sophiste grec... dans le Robert des Noms propres, bien sûr (et hop, une référence à un de ses livres). Un peu plus tard, à quinze ans, il tente de traduire l'Iliade. Mais "" (page 19). Parler du Grec et mettre un latinisme dans la même phrase... Ha ha, très drôle.
Le boulot de notre héros consiste à aller chez les gens pour leur conseiller des solutions énergétiques (EDF, GDF). Un jour, il va chez une romancière, une certaine A. Malèze. Elle lui paraît drôlement mignonne.
"" (page 37).
Là, le lecteur se demande s'il s'agit de faire de la publicité pour la Fnac...
Mais, trois pages plus loin (dont une page et demie blanche ; il faut ce qu'il faut pour arriver à 130 pages), notre héros lit que l'auteur a publié trois autres romans. C'est une surprise pour le narrateur. " [...]". Et pas à la Fnac, donc. On peut conclure de tout ceci que, s'il n'avait trouvé qu'un seul livre, c'est parce que la Fnac n'a pas assumé une vraie diversité culturelle (quand on met des mètres de rayonnages pour Marc Lévy ou Amélie Nothomb, on n'a plus la place pour Aliénor Malèze). Ce livre est donc une courageuse critique en règle (mais déguisée, car notre romancière pervertit ansi le système de l'intérieur) de cette grande enseigne : un vrai livre militant !
Mais revenons au livre Balles à blanc. "". Admirable ! Après avoir critiqué la Fnac, Amélie s'attaque à Albin Michel, qui a mis en couverture un portrait d'Amélie signé des studios Harcourt.
A part ça, Amélie Nothomb assure un service minimal, dans un monde pas très psychologo-réaliste, un peu BD. Elle ressasse encore et encore les mêmes thèmes, ratiocine un peu (ce qui occupe de précieuses lignes). L'histoire se résume à vraiment pas grand chose, assaisonné de quelques références. Alors, certes, il y a un passage hallucinogène pas trop mal, qui sort le lecteur de sa torpeur. Mais c'est tout. C'est tellement terne qu'il n'y a même pas de quoi s'énerver vraiment (grosse déception, donc).
A ce niveau d'imagination, il est probable que son prochain livre se situera au Japon.
... Eh bien non. Elle va parler d'elle-même, pourtant, comme quoi ce qu'elle fait de mieux, c'est quand elle parle carrément d'elle, au moins comme point de départ.

Une Forme de vie. 2010. 169 pages. Albin Michel.
Au début du roman, Amélie Nothomb reçoit un lettre :
"" (pages 7-8).
C'est l'occasion pour Amélie de parler de la correspondance qu'elle entretient avec ses lecteurs.
"" (page 76).
Elle parle aussi de la connaissance d'un être par voie épistolaire, et de sa concrétisation physique.
"" (pages 71-72).
Plus loin : " [...]".
A ceux qui lui reprochent une incapacité à affronter le réel, elle répond : "" (pages 106-107).
Et on arrive à la fameuse question de la rencontre d'un écrivain. "" (pages 108-109)
A côté de ces réflexions, il y a une histoire alla Nothomb (on y retrouve certaines de ses obsessions), la relation avec le soldat.
Et puis, on trouve comma à l'accoutumée un mot ou deux qui sortent de l'ordinaire, tel ce
"" (page 47) (écrire recto-verso). Ou bien :
"" (page 147).
Et, bien sûr, comme à chaque fois qu'elle parle de ce qu'elle ne connaît pas, Amélie Nothomb ne se renseigne pas. On a vu qu'elle ne savait pas que les films et autres séries sont diffusées en v.o. dans les pays nordiques, que ces même pays nordiques n'ont pas de volets ; dans Une forme de vie, elle parle de "programmateur", au lieu de "programmeur". Un programmateur diffuse des émissions radios ; un programmeur fait de l'informatique.
A moins que ce ne soit un mot belge ?
Globalement, Une forme de vie est un vrai bon Nothomb, comme on n'en avait pas lu depuis des années, et qu'on désespérait de lire : elle a enfin quelque chose de personnel à dire.
Ouf !

Tuer le père. 2011. 151 pages. Albin Michel.
En exergue du roman, on peut lire une citation d'Aldous Huxley :
"« L'obstination est contraire à la nature, contraire à la vie.
Les seules personnes parfaitement obstinées sont les morts. »"
"" (page 9)
Hé, hé !
Amélie se met donc de nouveau en scène, mais c'est pour recueillir une histoire. Elle remarque deux magiciens, l'un d'une trentaine d'années, qui joue au poker d'un air grave, et l'autre, d'une cinquantaine d'années, appuyé au bar. "" (page 10).
Le lecteur va apprendre ce qui a dressé l'un contre l'autre ces deux magiciens.
L'histoire commence en 1994 à Reno, Nevada.
"" (page 11).
Joe, solitaire, passe des heures à répéter des tours de magie. Jeune adolescent, il quitte rapidement la maison pour vivre de ses dons, et trouve un professeur, Norman, un des meilleurs magiciens du monde, qui l'accueille chez lui. Et voici nos deux compères réunis.
Le magicien a une très jolie femme, Christina, une jongleuse de feu.
Norman et Christina parlent :
"" (pages 37-38)
Comme toujours chez Amélie Nothomb, il y a beaucoup de dialogues, et un certain goût pour la phrase "définitive".
Les Etats-Unis, chez Nothomb, c'est un peu comme quand elle parle des pays nordiques, cela ressemble plus à un décor de fantaisie qu'à un reportage précis. Mais il n'y a que le résultat qui compte : c'est intéressant et amusant :
"" (page 61).
"" (pages 48-49).
La communauté hippie est un moyen d'introduire du folklorique, ainsi qu'un sujet qui revient plusieurs fois dans son oeuvre : les drogues.
Encore plus que dans ses romans précédents, un des thèmes centraux (outre l'obstination) est le désir de se faire remarquer.
Joe semble très intelligent, et machiavélique. Qu'a-t-il exactement en tête ou, plutôt, comment va-t-il parvenir à ses fins ?
Il y a des bizarreries dans le texte. "" (page 45). D'abord, Turin a été la capitale du Royaume d'Italie pendant quatre ans (1861-1864) mais, surtout, le Vatican n'est pas une ville d'Italie, c'est un Etat à part entière : c'est quand même curieux qu'Amélie semble ne pas savoir cela, et que son éditeur ne le lui ait pas dit (on ne peut pas dire que le livre soit un pavé, il se lit attentivement en peu de temps).
Sur la même page, on a : "" Repère... ou repaire ?
Le livre est donc un Nothomb franchement plaisant, agréable, c'est une très bonne distraction... sauf la fin, décevante (pour moi, du moins), un peu poussée.
Globalement, Nothomb semble sortie du gouffre dans lequel elle était tombée. Ici, le livre est certes moins personnel que dans certains de ses précédents livres, ses phrases sont peut-être un peu plus courtes, et elle use moins de mots ostensiblement recherchés.
Quand on est en manque d'inspiration, la solution (temporaire) consiste peut-être à changer de lieu (comme Woody Allen).
C'est donc juste une bonne petite histoire à laquelle on ne croit pas vraiment mais faite pour se distraire, très bien pour une période de neurones fatigués ou pas très opérationnels ; il ne faut pas s'attendre à une quelconque profondeur (mais cela fait beaucoup d'années qu'on n'attend plus grand chose de cet ordre quand on ouvre un livre d'Amélie).
Si l'on est intéressé par les histoires de magiciens, mieux vaut lire Le Prestige, de Christopher Priest.
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