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Faisons un petit tour en Grèce (si le coeur vous en dit, bien sûr !).

Nous finirons par Athènes, qui sera la fin de la boucle. Pour le moment, nous nous en éloignons.
Nous sommes en Attique, et nous nous dirigeons vers le Péloponnèse, qui forme presque une île, rattachée au continent par un étroite bande de terre que nous allons franchir.

 

Nous passons par Corinthe, et son fameux canal qui fait que, techniquement parlant, le Péloponnèse est devenu une île en 1893. L'idée de créer un canal ne date pas d'un siècle ou deux, le gain de temps est évident :

"C'est Néron qui, en 67 de notre ère, fut le premier à mettre en chantier un canal et quelque 6000 esclaves juifs creusèrent une tranchée de près de 3000 m de long. Mais le projet fut abandonné après le suicide de l'empereur, l'année suivante." (Géoguide Grèce continentale).
Le projet fut dont repris, et commencé en 1881, il fut achevé en 1893. 6 343 mètres de long et 24,60 mètres de large ; nous surplombons la mer de 79 mètres, et la profondeur de l'eau est de 21 mètres. Ça en fait, des pelletées de terre...

Concrètement, le piéton peut passer à droite ou à gauche de la route, sur une passerelle.

La partie la plus longue du canal :

De l'autre côté :
  

En vrai, c'est assez vertigineux,les photos ne rendent pas.

Et ceux qui n'en ont pas assez peuvent aller tâter le vide de plus près :

Les restes de la vieille Corinthe se trouvent à 7 kilomètres ; il y a également une Acrocorinthe (une citadelle) que l'on aurait pu visiter... mais on ne peut malheureusement pas tout faire. La Corinthe actuelle n'a pas d'intérêt particulier pour le touriste (fondée au XIX° siècle, elle a été ravagée par un tremblement de terre en 1928, un incendie en 1933...).

 

Nous reprenons donc la route. De Corinthe, nous allons nous rendre à Mycènes :

Le paysage offre bien sûr son lot d'oliviers, mais aussi de pistachiers (très bonnes pistaches), et de cyprès...

Il paraît (source : notre guide) qu'une expression grecque dit quelque chose comme beau (droit et svelte) comme un cyprès.


On remarquera, sur la gauche, en hauteur, des éoliennes. On en trouve en assez grand nombre. Elles viennent du Canada. Il n'y a pas de centrale nucléaire en Grèce (vus les tremblements de terre dévastateur, ça vaut mieux...) ; or, ils ont beaucoup de vent et de soleil, de quoi faire de l'électricité.

Curieusement, on franchit une ligne de chemin de fer, alors que, pendant une semaine, on ne verra guère qu'un train, immobile, prendre la rouille un peu plus loin.

La Grèce n'est pas un pays à train, avec toutes ses montagnes.
A l'occasion des Jeux Olympiques de 2004, plusieurs autoroutes ont été construites, qui permettent de gagner du temps.

En passant dans des petites villes, on remarque que les restaurants portent des noms touristiques : ils s'appellent "Orestis", "Homer", "Menelaus"... mais jamais Agamemnon. C'est plus prudent.

 

Ah, voici Mycènes, et son lot de touristes que nous allons grossir.

Pour resituer un peu dans le temps, le fameux siècle de Périclès (avec Sophocle, Euripide...), c'est le V° siècle avant J-C.
Homère, lui, aurait vécu vers le VIII° siècle avant JC, et c'est en cherchant des traces historiques de ces récits (qui s'étaient déroulé plusieurs siècles avant Homère, vers le XIII° siècle avant JC) que Schliemann a fouillé ce site déjà connu auparavant.

Nous sommes à l'âge de bronze. Il n'y a donc pas de fer.
"Le site de Mycènes en Argolide au nord-est du Péloponnèse a donné son nom à une période historique et une civilisation qui s'étend du XVI° au XII° siècle avant J-C. parce que ce site était alors l'un des centres les plus importants de Grèce continentale. Cette appellation ne signifie aucunement que le monde grec ait alors été unifié autour de Mycènes ou que ce centre ait joué un rôle politiquement prépondérant." (Histoire Grecque, Quadrige, pages 25-27)

Mycènes est une ville bien connue des lecteurs d'Homère ainsi que des tragédies grecques, notamment du fait de la famille des Atrides : c'est ici qu'Agamemnon, de retour de Troie, fut assassiné, et c'est ici aussi que son fils Oreste se vengea en tuant les coupables : sa mère, Clytemnestre, et son amant, Egisthe.

C'est donc l'incontournable Schliemann qui fit des fouilles à partir de 1876, à la recherche d'Agamemnon. Il y trouva plein de choses : tombes, bijoux... Et le fameux "masque d'Agamemnon", qui date du XVIe siècle avant J.-C., et qui se trouve au Musée national archéologique d'Athènes (il y a eu, à un moment donné, un changement de politique concernant les oeuvres trouvées sur les lieux archéologiques : à une époque, tout était centralisé à Athènes ; puis, bien plus tard - peut-être parce qu'il y avait déjà tellement de chef-d'oeuvres dans les musées d'Athènes ? - on a construit des musées près des lieux où les pièces étaient découvertes).

masque

Bien sûr, il ne s'agit pas du véritable masque d'Agamemnon. Mais ça fait plaisir d'y croire.

Voici donc le site de Mycènes.

Si on se retourne :

Nous allons commencer par une viste du musée, qui présente les pièces trouvées sur place :

       

  

Ci-dessous : à droite : une fresque, ou ce qu'il en reste, et la reconstitution (avec un peu d'imagination ?) sur le dessin à gauche.


Figure anthropomorphique. 1250-1180 avant JC.

   


Poupée articulée. Période archaïque. Fin du VI°-début du V° siècle avant JC.


Pyxis avec Sphynx. 1250-1150 avant JC.

Pour finir et préparer ce qui suit, voici la maquette de la citadelle que nous allons maintenant explorer.

 

Nous allons suivre la piste que l'on voit à gauche de la photo et ainsi nous approcher des remparts de l'acropole mycénienne, qui protégeait la citadelle royale. Elle fait 900 mètres de périmètre et date en gros de 1350 à 1200 avant J-C.

 


Au bout, on aperçoit la fameuse Porte des Lions, accès pincipal de la citadelle.


Les murs font 5 mètres d'épaisseur.

La voici, la fameuse porte. Le linteau pèse 18 tonnes :
   

Heinrich Schliemann et Wilhelm Dörpfeld("Dörpfeld est considéré comme le pionnier de la méthode des fouilles stratigraphiques et des méthodes de documentation graphique en matière de projets archéologiques", voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Dörpfeld ) sur la Porte des Lions à Mycènes (vers 1885).

schlieman

Ah, les costumes de l'époque, la canne et le chapeau melon !

La porte une fois franchie, on continue à grimper. On la voit dans le fond, la porte des Lions (mais cette fois-ci, de l'autre côté).

        

Ici ou là se trouvent des explications pour que le touriste tente de donner un sens à ce qu'il voit.

       

Mais redescendons et allons prendre le frais dans la Tombe d'Agamemnon (il s'agit du Trésor d'Atrée, appelé ainsi par Pausanias, le très fameux voyageur de l'antiquité). C'est une tombe à tholos (θόλος ; voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Tholos )

Bien sûr, il ne s'agit pas vraiment du Tombeau d'Agamemnon : "Il a été construit autour du milieu du xiiie siècle av. J.-C., un siècle avant la date présumée de la guerre de Troie et abrita les restes du souverain qui acheva la construction de la citadelle ou un de ses successeurs." (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trésor_d%27Atrée )
Il devait néanmoins s'agir du tombeau d'un roi exceptionnel.

On voit bien le triangle de décharge, qui permet de répartir les masses sur les côtés pour que le linteau (qui pèse 120 tonnes) n'ait pas trop à supporter de poids.

Bien sûr, à une époque il y avait des stucs colorés, des plaques de marbre (pour cacher le triangle de décharge).

"Le trésor d'Atrée est formé d'une pièce semi-souterraine à plan circulaire avec une couverture à section ogivale.
Avec une hauteur intérieure de 13,5 m et un diamètre de 14,5 m il a été le plus grand et le plus large dôme dans le monde pendant plus d'un millénaire jusqu'à la construction du prétendu temple de Mercure à Baïes et du Panthéon de Rome.
" (Wikipedia).

               

 

Suite du voyage vers Nauplie, Epidaure...