Littérature Germanophone ![]()
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Durrenmatt dessinant. 1979. "La littérature suisse en langue allemande du 20e siècle marche sur deux plumes majeures. Max Frisch pour l'ironie, Friedrich Dürrenmatt pour le grotesque. " (Pierre-François Besson, swissinfo.ch) Petit-fils d'un satiriste connu, et qui l'influencera ("« Mon grand-père a été envoyé en prison pendant dix jours à cause d'un poème qu'il avait écrit. Je n'ai pas encore été ainsi honoré. Peut-être est-ce ma faute, ou peut-être le monde a-t-il tellement périclité qu'il ne se sent plus offensé lorsqu'il est sévèrement critiqué. »"), Friedrich Durrenmatt est né en 1921 dans le canton de Berne. Plusieurs de ses œuvres ont été adaptées au cinéma. Durrenmatt a également peint, à partir des années 1950 (voir en bas de page) La Panne. Une histoire encore possible (Die Arche ; 1956). Traduit de l'allemand par Armel Guerne. Le Livre de Poche Biblio. 124 pages. Le livre commence par une sorte d'introduction de l'auteur, une première partie qui fait sept pages. La deuxième partie fait tout le reste du livre. "Des histoire possibles y en a-t-il encore, des histoires possibles pour un écrivain ? [...] Décrocher un bon point, obtenir une bonne note au palmarès de l'Histoire littéraire - quel intérêt ? Quel est l'homme qui n'a pas obtenu, ici ou là, une bonne note ? Et quelles sont les besognes bâclées qui n'ont pas, ici ou là, connu la récompense d'un prix et la couronne d'une distinction ? L'histoire commence. C'est un livre court, excellent, une sorte de bouffonnerie menaçante (on ne sait jamais sur quel pied danser : est-ce pour rire ? ou bien est-ce sérieux ?), dans lequel le lecteur est happé. Adaptation d'Ettore Scola : La plus belle soirée de ma vie (1972). Avec Alberto Sordi, Michel Simon, Charles Vanel, Claude Dauphin... La classe, quoi. Même si, malheureusement dans ce genre de coproduction internationale, il y a forcément au moins un acteur qui est doublé.
- Le Juge et son bourreau (Der Richter und sein Henker, 1952). Traduit de l'allemand en 1961 par Armel Guerne. Le Livre de Poche Biblio. 126 pages. "Dürrenmatt avouait avoir toujours mené grand train, même pendant les périodes de gêne, et cet hédonisme, ce goût pour les plaisirs de la vie, il aimait l'insuffler à ses romans, où flottent toujours une odeur de havane, le bouquet d'un vin de derrière les fagots, les effluves d'un festin gargantuesque. Et tout autour du banquet, la mort rôde. Faire bombance et mourir. C'est au moment de leur agonie que les personnages de Dürrenmatt, dans une lutte suprême contre la mort, s'accordent tous les excès - de table, de lit -, excès que Dürrenmatt décrit avec une sensualité gourmande, tout à fait réjouissante chez ce fils de pasteur, né dans un « affreux patelin de l'Emmental », voué à l' « esbroufe missionnaire », et qui avait vécu une jeunesse bernoise lugubre, solitaire, davantage consacrée à la lecture de Kierkegaard, Büchner et Nietzsche qu'à l'embarquement pour Cythère." (extait du texte de présentation de Linda Lê, page 1). "Alphonse Clénin, l'agent de police de Douanne, en cette brumeuse matinée du trois novembre mil neuf cent quarante huit, vit une Mercedes bleue arrêtée sur le bord de la route de Lamboing, à la sortie des bois de la gorge de Douanne. Il l'avait même dépassée déjà, mais il revint sur ses pas. Si peu nette que fût la silhouette du conducteur à travers les glaces embuées, il lui avait semblé, au passage, qu'elle était affalée sur le volant. L'ivresse, sans aucun doute, pensa le policier qui était un homme d'ordre et n'allait pas chercher midi à quatorze heures. Aussi ne fut-ce pas le policier verbalisateur qui revient en arrière, non ! c'était l'être humain, le semblable qui s'en venait porter secours à son semblable [..]". (page 5). On trouve déjà le thème du hasard qui, soit empêche les crimes parfaits, soit au contraire les permet. "Tu soutenais, toi, que du fait de la faillibilité humaine, de l'incapacité où nous sommes de tout prévoir en toute certitude, de l'impossibilité pour l'homme de faire entrer dans ses calculs la part insaisissable du hasard, de l'accident, de l'imprévu, tu soutenais, dis-je, que tous les crimes finissent nécessairement par être découverts un jour, et les coupables pris. Tu prétendais que c'était une folie que de commettre un crime parce que, disais-tu, les plus adroites combinaisons échouent du fait que nous sommes des hommes, et non les pions d'un jeu d'échecs. Moi, par contre, j'affirmais le contraire, d'ailleurs beaucoup plus pour te contredire que par conviction profonde. [...] Je disais que, la plus grande partie des gestes et des mobiles humains appartenant à l'inconnu, une toute petite partie seulement de nous-mêmes paraissait jamais à la lumière." (pages 70-71). Baerlach a de l'expérience (il avait notamment été "détaché par le gouvernement helvétique à la demande des autorités turques pour je ne sais quelle réorganisation des services", page 69 ; de façon similaire, Matthieu, le personnage principal de La Promesse, doit partir en Jordanie) et, dès le début du roman, il a sa petite idée sur l'assassin. - Les Physiciens. Version française (qu'est-ce que cela veut dire ? traduction ? adaptation ? réécriture ?...) de J.-P. Porret. Editions L'Age d'Homme. 99 pages. Pendant qu'Einstein continuer à jouer du violon pour se calmer, le corps est emporté. Newton sort de sa chambre. Comme Dürrenmatt l'écrit vers la fin de sa description au premier acte : "[...] il faut peu de décors pour dresser une scène où, au contraire des pièces antiques, le drame satirique se joue avant la tragédie." (page 12). C'est une pièce qui n'est pas bêtement absurde (le genre d'absurde qu'on a lu cent fois et qui est censé mettre en évidence le non-sens de la vie, la solitude et autres clichés), il y a beaucoup de burlesque, d'événements drôles, inattendus - on pourrait dire de coups de théâtre - et puis finalement on comprend mieux, mais le simple fait de dire qu'il y a quelque chose derrière tout ça, c'est peut-être déjà en avoir trop dit !
- Mister X prend des vacances précédé de Le Fils, La Saucisse. Traduit de l'allemand par J.-L. Babel. Collection Luigi Luccheni. 77 pages. 3/ Mister X prend des vacances (Mister X macht frei ; fragment écrit en 1953 ; publié en 1978). 41 pages - La Mort de la Pythie suivi de Minotaure (Das Sterben der Pythia - Minotaurus). Editions de Fallois - L'Age d'Homme. 86 pages.
2/Minotaure (Minotaurus. Eine Ballade. 1985). Traduit de l'allemand par Jean-Paul Clerc. 22 pages. On voit ici le Minotaure danser devant les miroirs (1984) : Bien sûr, on connaît l'histoire du Minotaure, mais on ne l'avait pas forcément lue du point de vue du Minotaure, créature innocente mais qui peut se montrer brutale (malgré elle, ou volontairement), qui tente de comprendre les règles du monde qui l'entoure. Ici, face à Thésée (1984) : Pour finir, voici une peinture plus ancienne de l'auteur (Minotaurus, 1962) Quelques adaptations, parmi de très nombreuses : Oeuvres picturales : Voici quelques oeuvres, trouvées sur http://ead.nb.admin.ch/html/fdabi.html et toutes marquées du sceau :"Copyright: Centre Dürrenmatt Neuchâtel (CDN)" :
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