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MURATA Kiyoko

(Yahata, 1945 - )

Murata Kiyoko est surtout connue pour être l'auteur de Nabe no naka (qui devrait bientôt sortir en France), adapté par Kurosawa Akira sous le titre Rhapsodie en Août.

La Voix de l'eau (92 pages, Actes Sud, récits traduits par Rose-Marie Makino-Fayolle). Ce livre contient les deux récits suivants : La Voix de l'Eau (Suichu no koe, Prix du Festival des Arts de Kyushu 1975) et Le Parc en haut de la montagne (Sancho koen, 1982).

Le point commun entre ces deux récits est la disparition d'un enfant. Le premier récit est situé après la nouvelle de la mort - annoncée dès le début - alors que dans le deuxième récit, il s'agit de l'angoisse des parents pendant les recherches...
"Un dimanche de beau temps pendant la saison des pluies, une petite fille de quatre ans s'est noyée dans un lac de retenue en pleine montagne, à trois kilomètres environ du grand ensemble où elle vivait." C'est ainsi que commence La Voix de l'eau : une mort accidentelle. Deux mois plus tard, la mère, Shoko, est contactée par une association, L'Union nationale pour la protection des enfants, qui cherche à recruter des bénévoles pour alerter les gens sur les dangers qui guettent les enfants au quotidien : risque de chute depuis une fenêtre, risque de se faire écraser, etc. Shoko va faire preuve d'un militantisme zélé qui ira au-delà de la simple distribution de tracts...
Que dire de ce texte ? Le début est bien écrit, la sobriété rendant l'incrédulité, la douleur : "Depuis le soir de la noyade, il n'avait cessé de pleuvoir violemment. La surface du lac était trouble, et d'une couleur si épouvantable qu'elle ne paraissait pas avoir absorbé une enfant" (pages 12-13). Ensuite, on voit comment une femme veut faire le bien des gens malgré eux, avec une fin inévitable, donc attendue, donc sans surprise. La manière dont les gossses luttent contre Shoko pour qu'elle leur laisse faire leurs jeux périlleux à bicyclette est pas bien rendue. Au final, un texte avec de bons passages, mais également des baisses...

Le Parc en haut de la montagne est sans doute plus original dans son traitement. Dans le premier récit, on a vu comment la mère de la petite fille disparue tente de donner un sens à la suite de son existence, en mettant son drame au service des autres. Dans le deuxième récit, on n'en est pas là. L'action (ou la quasi-absence d'action, plutôt), se déroule dans un petit complexe touristique avec hôtel, parc naturel, camping..., perché au sommet d'une montagne, auquel on accède par un funiculaire : une jeune mère, enceinte, se promène avec sa fillette, tout près de leur hôtel. La petite fille tombe, sanglote et ne veut pas se relever : elle veut les bras de sa mère. Cette dernière, perdant patience devant le torrent de larmes de la petite, et voulant qu'elle se relève toute seule, la laisse sur place et rejoint l'hôtel. Elle la perd de vue deux minutes... et la petite fille disparaît. Des recherches sont entreprises.
Ce récit ne fait que trente pages, mais il y a un nombre étonnamment grand de personnages, presque tous traités avec autant d'importance : la mère de la petite disparue, évidemment, le mari, le conducteur du funiculaire (belle description du trajet quotidien du funiculaire), un jeune homme en contrat temporaire qui travaille dans l'administration, une jeune serveuse. On passe des uns aux autres de manière très fluide, sans à-coups, dans une atmosphère chaude d'été. La fillette semble s'être littéralement volatilisée :
"La femme, après le départ de son mari, resta plantée là, les yeux rivés sur le sol. Il n'y avait pourtant pas de traces à cet endroit. Si sa petite fille avait été brûlée par le soleil, sans doute y serait-il resté au moins une tache" (page 74).
Le texte fait parfois penser au film Picnic at Hanging Rock, de Peter Weir (1975). Que s'est-il passé ? La fillette n'a tout de même pas été absorbée par quelque mystérieuse force primitive issue de la nature ?

Films tirés de son oeuvre :
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Rhapsodie en Août (Hachi-gatsu no kyôshikyoku, 1991), d'après le court roman Nabe no naka ; très bon film réalisé par Kurosawa Akira. La preuve : même Richard Gere n'arrive pas à le gâcher.
- Warabi no kou (2003), film réalisé par Onchi Hideo.

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